Doit-on traiter les projets 2.0 comme des projets informatiques ?
Je reproduis ici un excellent article d’Arnaud Rayrole, qui anime la communauté USEO sur les TIC, car il exprime mieux que je ne saurais dire une de mes interrogations quand je travaille en AMO sur ces domaines.
En percevant les TIC comme un domaine technologique, l’entreprise lui applique une démarche de projet informatique. Celle-ci repose sur une expression de besoin, en découle un choix d’outil, une intégration et un déploiement. Ce schéma est tout à fait légitime dans une démarche d’optimisation ou de déploiement d’une application répondant à un processus métier défini par l’entreprise. Mais permet-il d’innover ?
- Une question de masse tout d’abord :
Les projets 2.0 conduisent à faire évoluer les usages, à revoir (voire à ré-inventer) les modes de fonctionnement liés à la gestion et la circulation de l’information. Si on applique une démarche traditionnelle, les besoins remontés seront majoritairement centrés sur l’amélioration de l’existant. Certains proposeront des approches plus novatrices issues de leur propre expérience externe ou de leur curiosité, mais ces voix seront trop minoritaires pour survivre.
- Une question d’expérience ensuite :
Les utilisateurs sont-ils en mesure de définir précisément leur besoin pour spécifier l’intégration de leur future solution sur un domaine vierge de tout usage ? A priori non, il faudra plusieurs itérations pour gagner en expérience et fiabiliser la plateforme. Le processus générateur d’innovation est encore là bloqué, seule l’expression du besoin visant à optimiser le « connu » sera formalisé, le reste ne le sera pas suffisamment pour permettre une intégration.
Le mode de gouvernance classique d’un projet informatique ne peut raisonnablement pas conduire au développement d’usage en rupture avec l’existant. Les projets 2.0 doivent sortir de cette logique trop « démocratique » pour entrer dans une approche plus « darwinienne ».
